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Des Lyrics peu lyriques !

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Des Lyrics peu lyriques !

Face à cette jeunesse qui s’enfonce dans l’incivisme et l’impolitesse, on aimerait que les références musicales gabonaises s’investissent un peu plus dans une logique d’éducation. Ballottés entre la nostalgie d’un passé renié et l’apologie d’un futur aliéné, la jeunesse gabonaise urbaine vit un paradoxe pour le moins déstabilisant.

Entre ce manque de référents culturels suffisamment prégnant et le déversement audiovisuel pêle-mêle de représentations d’une jeunesse occidentale décadente, les jeunes gabonais s’accrochent au mouvement hip hop comme des cubains à un radeau. Et dans cette situation, ils ont autant besoin de textes médiocres que les cubains d’une tempête. On peut regretter qu’ils idolâtrent ainsi le modèle américain, déplorer un manque d’intérêt pour leurs cultures mais ils sont bel et bien au milieu de l’océan alors autant écumer plutôt que charger le radeau. On connaît le pouvoir de l’oralité dans les cultures africaines. Si les séances de Mvett et les veillées de contes viennent à manquer à Libreville, elles sont indéniablement remplacées par la néo oralité, à savoir le rap pour la majorité des jeunes qui évoluent en milieu urbain. Si les rappeurs s’investissaient de la même mission et du même statut que les griots, la jeunesse trouverait certainement dans les paroles des rappeurs des armes pour affronter la mondialisation culturelle. Quand on se penche sur les lyrics de certains rappeurs, force est de constater que rien n’est mis en œuvre pour éduquer, ou au moins guider la jeunesse. Pourtant les paroles des rappeurs sont particulièrement écoutées et décortiquées par les jeunes inconditionnels. Mais elles restent trop souvent le terrain de la vulgarité et de la violence gratuite. Il est clair que les rappeurs ne sont pas reconnus pour la qualité de leurs paroles à en juger par les textes de celui que certains disent meilleur rappeur gabonais, et lui-même de se proclamer meilleur rappeur africain. Si donc le public est d’abord séduit par la musique, le style ou même l’image renvoyée par un rappeur, l’impact des paroles sur les jeunes n’est pas négligeable pour autant. Texte conscient et notoriété ne sont pas incompatibles dans le hip hop gabonais, on en a des exemple de taille. Il faudrait que les rappeurs prennent conscience de leur statut, de leur rôle et des missions qui leurs sont imparties quand ils décident de faire de la musique pour les gens, qui plus est pour les jeunes. Malgré les apparences qui glorifient à outrance l’artiste, la démarche musicale est avant tout éminemment altruiste. C’est le don de soi, le partage, la transmission. A l’image des conteurs traditionnels qui se positionnent en initiés enseignants, les rappeurs gabonais, dans la même logique, doivent se positionner en éducateur, ou au moins en grands frères.  

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