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Joe Boukwenzi n’est plus

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Joe Boukwenzi n’est plus

Joe BoukwendziArtiste émérite, fondateur du groupe Bakombo Casques Bleus, Joe Boukwendzi a été arraché à l'affection de tous ceux qui l'ont aimé le 22 juillet dernier à la suite d'un accident de circulation qui ne l'a laissé aucune chance.

 

Dans le domaine de la création quelqu'en soit le registre, certains créateurs s'imaginent passer à la prospérité par la quantité, d'autres au contraire, heureusement, préfèrent mettrent l'accent sur le nombre mais aussi la qualité.

Joe Boukwendzi appartenait à cette deuxième catégorie. En douze années de travail, il n'a compté avec son complice Mat Kombo que deux productions toutes sorties du studio Mandarine de Jean Yves Messan et quels titres roboratifs. Joe Boukwendzi (soliste nucléaire) comme également aimaient l'appelé certains, a puisé l'essentiel de sa réussite certainement dans le moule de son père : Pierre Boukwendzi, lui-même auteur compositeur de l'écho de la forêt, le mythique Fouga-jazz de Fougamou au sud du Gabon (orchestre de l'époque).

Aîné d'une famille de quatre enfants, Joseph de son prénom n'a pas appris la guitare sous le toit familial. Il a très tôt côtoyé Chris Ondo Michel, Mimi Ley et Deley Koumba des guitaristes des célébrissimes Banowita et super stars, orchestres phares des années soixante dix (70) –quatre vingt (80) au Gabon.

Les acquis obtenus auprès de ces messieurs vont très vite le faire remarquer à Capo sound (orchestre du Lycée technique national Omar Bongo) et rapidement, encore adolescent il accompagne déjà les plus grands de la musique gabonaise, il est sollicité pour les plus grands évènements, Ibouada Patrice et Ignonga en 1985, en 1986 il est repéré par Guy Moudoumbi (chargé de l'organisation de l'arrivée du président de la république dans l'Ogooué Lolo).

Parti à Koulamoutou, il y restera trois ans. Les responsables du groupe culturel Moukogha – Mayaya avaient déniché leur perle rare. De retour à Libreville, c'est Gena, petite sœur de l'Akweza internationale (formation musicale de la gendarmerie nationale) qui ne ménage aucun effort pour s'offrir ses services. Là bas, il rencontrera Yenga Yenga Junior avec qui, il monte Zaïga (formation musicale regroupant des musiciens Zaïrois actuel RD Congo et des gabonais) qui mettra pas long feu, mais reste à la base de l'actuel Bombardiers qui se produit encore tous les soirs au feux tricolors de Gros Bouquet à Libreville dans le deuxième arrondissement.

Joe Boukwendzi a été de tous les studios pour les albums les plus en vue de Kage pro à Mandarine en passant par MD, quand on eu besoin d'un soliste, son nom a toujours été cité: Téké-Téké, Club Iveva, Guy Dembary, Franck Soleil, Monique Youmangomo, Landry Ifouta, Makjoss…la liste est longue. Quand Nadège Mbadou et la chorale Notre Dame de la Salette sont primés, les derniers cités aux Kôras, la première aux Balafons Gabon Music Awards, il se sent un peu récompenser car son jeu de guitare si trouve également.

Après avoir longtemps jouer derrière, en 1995 il décide de monter avec Mat Kombo (le Général sans étoile) les Bakombo Casques bleus, un orchestre de sept membres qui sortira en 1999 "Dissuasion" un album que toute les discothèques sérieuses s'est procurée absolument. Il aura fallut attendre plus de huit (8) ans pour revoir sur le marché Joe et son binome Mat, avec "Carton rouge", un album de neuf (9) titres, une réponse à ceux qui pensaient qu'ils étaient finis.

Et cela s'annonçait très bien surtout qu'il avait eu la sagesse de garder tous les acquis des divers groupes et artistes côtoyés. Il s'agit en effet d'un album explosif de rythmes sautillants et entraînant langoureux également. C'est à l'identique Joe Boukwendzi et toutes ses manières de garçon gaie et joviale qu'il était qui ont été représentées dans cet album, qui a tout pour survivre à ses géniteurs pour une carrière flamboyante qui ne manquait que quelques petits couperets de droits d'auteurs et une petite distinction honorifique pour être comblée.

Mais malheureusement, il s'en va et laisse un album inachevé, une petite amie enceinte, un groupe d'amis en manque éternellement de sa présence et une famille dont la douleur ne sera jamais apaisée. Le tout causé par un chauffard, dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 juillet dernier qui n'a toujours pas été retrouvé et dont le sommeil n'est certainement pas en paix.

Car, on ne dort pas toujours bien avec un tel acte sur la conscience.

 

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