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Tiken Jah Fakoly : La voix des sans voix

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Tiken Jah Fakoly : La voix des sans voix

Pour son talent et surtout pour son courage qui le pousse à prendre position dans ses chansons sur des questions brûlantes de l’Afrique, Tiken Jah Facoly, artiste musicien reggae ivoirien, s’est positionné aujourd’hui comme la voix des sans voix. Cet artiste n’est plus à présenter parce qu’il s’est installé dans la plupart des familles Africaines, à travers le petit écran et ses albums appréciés par plusieurs mélomanes. Mais, il n’est pas superfétatoire de revenir sur son parcours.

 Originaire de la Côte d’Ivoire, Tiken Jah Fakoly, artiste de la musique reggae, a volontairement porté son choix sur le Mali comme terre d’asile, aux heures chaudes de la crise Ivoirienne. Depuis quelques années, c’est de Bamako qu’il part à la conquête du monde, dans le cadre de ses multiples tournées. Né le 23 juin 1968 à Odiénné, au nord-ouest de la Côte d’Ivoire, Doumbia Moussa, alias Tiken Jah Fakoly est de ceux qui ont donné une longueur d’avance dans la promotion de la musique reggæ en Afrique de l’ouest.

Dans cette partie du monde, avec des artistes comme Bob Marley, Marcus Garvey, Peter Tosh, U-Roy et tant d’autres artistes, une forte proportion de la population, en majorité Les jeunes, connaissait déjà le reggae, mais à la sauce anglophone. Dans la foulée de son compatriote et devancier Alpha Blondi, Tiken Jah Facoly a énormément contribué à la promotion du reggae en Afrique de l’ouest. Depuis, l’arrivée de Tiken Jah Fakoly sur la scène musicale, beaucoup de jeunes en Afrique de l’ouest, n’ayant pas connu la période où le reggae nous venait de la Jamaïque, ont pensé que c’était un autre genre de la musique manding, tant l’artiste est parvenu à adapter le beat de la musique reggae à la langue bambara.

Comme la plupart des jeunes africains, Tiken Jah Fakoly a eu l’avantage de découvrir le reggae dès sa tendre jeunesse. Mais, c’est en 1987 que les choses sont devenues sérieuses pour l’artiste, avec la création de son groupe les « Djelys ». Resté confiné dans sa région natale pendant de longues années, les ivoiriens, en même temps que le monde entier, vont découvrir le groupe « Djelys » et Tiken Jah Fakoly, avec la sortie de son premier album officiel « Mangecratie ». Comme l’indique le titre du morceau phare, dans cet album, le rasta qui venait de se révéler au bord de la lagune ébrié comme un héritier digne de Bob Marley, tourne la démocratie Africaine à la dérision en la comparant à une « mangecratie », entendu par là comme un système où certain sont invités à venir manger , même s’ils n’ont pas faim.

Il faut dire que ce premier album de Tiken est arrivé sur le marché du disque à un moment particulier pour la Côte d’Ivoire. Le pays venait de perdre son premier président, Félix Houphouët Boigny en 1993, et s’installait progressivement dans une dérive identitaire. Tiken, très concerné par l’évolution sociale et politique de son pays, n’avait pas le choix que d’écrire des textes incisifs. Si certain avaient un doute sur l’engagement de ce jeune artiste reggae, la sortie de son deuxième album « Cours d’histoire », en 1999, venait rappeler à la Côte d’Ivoire toute entière qu’il fallait désormais compter avec Tiken Jah Fakoly dans le paysage artistique du pays. Et mieux, que la musique en Côte d’Ivoire s’invitait désormais sur le terrain du combat politique pour le bonheur de la grande majorité.

Inspiré par les difficultés de son pays

Dans un style qu’il est seul à en avoir le secret, à un moment fort de la crise identitaire née dans la foulée du rejet de la candidature de Alassane Dramane Ouattara de la Présidence de la Côte d’Ivoire, Tiken a cru bon de rappeler musicalement l’histoire de la République d’Eburnie aux ivoiriens. Il suffit d’écouter l’œuvre « Cours d’histoire » de Tiken Jah Fakoly pour se faire idée du mouvement de peuplement de la Côte d’Ivoire. Trop plongés dans les théories « ivoiritaires », les autorités ivoiriennes de l’époque n’ont pas eu les oreilles attentives au « Cours d’histoire » de Tiken Jah Fakoly. Et dans la nuit du 24 décembre 1999, le Président Henri Konan Bédié sera renversée.

Le général Robert Gueï, à la tête d’une junte promet de « balayer » la maison et de se retirer en passant la main à un dirigeant élu à une élection qui n’exclura aucun des candidats potentiels. Mais, la maison ivoirienne devenue trop propre, le général Robert Gueï a estimé que seul lui, avait le droit de diriger le pays. Pour demander au général Gueï de se retirer de la tête de la Côte d’Ivoire et de laisser la démocratie suivre son court, Tiken le dénonce dans un album intitulé « Le Caméléon ». Dans une approche artistique innovante, la reggae star utilise le discours dans lequel le général Gueï a publiquement déclaré qu’il allait quitter le pouvoir, après avoir balayé la maison. Une façon pour lui de lui demander de tenir parole.

Au moment où « les jeunes gens » du général écumaient les rues d’Abidjan, un tel engagement était hautement dangereux et traduit tout le courage de l’artiste et sa détermination à faire entendre sa voix. Mais, à pousser l’analyse sur les crises en Afrique, l’artiste est arrivé à la conclusion que « la Françafrique » a sa responsabilité toute engagée. Et pour le dire, au-delà des quatre murs d’une villa feutrée, l’artiste décide de faire un album qui dénonce la politique de la France en Afrique depuis la découverte du continent américain en 1492 par Christoph Colomb qui avait cru atteindre les indes. Cet album, sorti en 2002, il va l’intituler « françafrique ».

Dans le même ton, il arrive en 2004, avec l’album « Coup de gueule » et en 2007 avec « l’Africain ». A la lumière de ses œuvres musicales, il n’y a aucun doute, Tiken Jah Fakoly fait la musique pour éveiller les consciences. A analyser de près ses œuvres, ont se rend rapidement compte que les paroles de ses chansons portent sur les injustices subit par la population ivoirienne, mais aussi par le peuple africain. « Sa musique est engagée contre la mainmise que l’Occident, particulièrement la France, a sur les richesses d’une grande partie de l’Afrique, notamment au Gabon, au Congo, une oppression également politique qui se traduit par le contrôle des chefs d’États africains via les lobby français qui provoquent des guerres pour leurs intérêts », indique un confrère français. Depuis 2003, cet artiste ivoirien, menacé de mort, a fait le choix de vivre en exile au Mali.

La même année, quelques temps après son installation à Bamako, il a obtenu avec son album « françafrique », « La Victoire de la musique » dans la catégorie album Reggae-Ragga-World. On se souvient, en décembre 2007, à Dakar pour un concert, Tiken Jah Fakoly va demander au Président Abdoulaye Wade de « quitter le pouvoir s’il aime le Sénégal ». Déclaré persona non grata par le gouvernement sénégalais, il quitte le pays le lendemain.

En 2009, Tiken Jah Fakoly lance une campagne intitulée « Un concert une école ». Il a déjà financé la construction d’une école dans son village « Touroni », situé à 30 Km d’Odiénné. Le projet « Un concert une école », consiste pour l’a de donner des concerts dans différentes capitales africaines et d’utiliser les bénéfices pour financer la construction d’écoles au Mali, Niger, Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire et en Guinée Conakry.

Source : africahit.com


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